miércoles, 1 de diciembre de 2010

je suis responsable de ma rose

Je vous présente, si vous ne connaissez pas encore une très belle page de la littérature française. Il s"agit d"un extrait du: "Le Petit Prince" de Saint Exupéry. Pour ceux qui ont le plus de difficultés, la traduction en espagnol suivra le texte français.

Antoine Jean-Baptiste Marie Roger de Saint-Exupéry Lyon, 29 de junio de 1900 – Mar Mediterráneo, cerca de la costa de Marsella, 31 de julio de 1944) fue un escritor y aviador francés, autor de El principito, nacido en una familia noble de Lyon. El texto que he escogido es un fragmento que tiene que figurar entre las excelencias de la literatura universal.

Bonne lecture!

XXI
C"est alors qu"apparut le renard.
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu? Dit le petit prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.
- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
- Ah! Pardon, fit le petit prince. Mais, après réflexion, il ajouta : · Qu"est-ce que signifie " apprivoiser "?
· Tu n"es pas d"ici, dit le renard, que cherches-tu?
· Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu"est ce que signifie " apprivoiser "?
- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C"est bien gênant! Ils élèvent aussi des poules. C"est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?
- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu"est-ce que signifie " apprivoiser "?
- C"est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens..."
- Créer des liens?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n"es encore pour moi , qu"un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n"ai pas besoin de toi. Et tu n"as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu"un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m"apprivoises, nous aurons besoin l"un de l"autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... Je crois qu"elle m"a apprivoisé...
- C"est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...
- Oh! Ce n"est pas sur la Terre, dit le petit prince. Le renard parut très intrigué :
- Sur une autre planète?
- Oui.
- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là?
- Non.
- Ça, c"est intéressant! Et des poules?
- Non.
- Rien n"est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :
- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m"ennuie donc un peu. Mais, si tu m"apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m"appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c"est triste! Mais tu as des cheveux couleur d"or. Alors ce sera merveilleux quand tu m"auras apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j"aimerai le bruit du vent dans le blé... Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince : - S"il te plaît... Apprivoise-moi! Dit-il.
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n"ai pas beaucoup de temps. J"ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l"on apprivoise, dit le renard. Les hommes n"ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n"existe point de marchands d"amis, les hommes n"ont plus d"amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!
- Que faut-il faire? Dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t"assoiras d"abord un peu loin de moi, comme ça, dans l"herbe. Je te regarderai du coin de l"oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t"asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint le petit prince.
· Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l"après-midi, dès trois heures je commencerai d"être heureux. Plus l"heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m"agiterai et m"inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n"importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m"habiller le coeur... Il faut des rites.
- Qu"est-ce qu"un rite? Dit le petit prince.
- C"est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C"est ce qui fait qu"un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu"à la vigne. Si les chasseurs dansaient n"importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n"aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l"heure du départ fut proche : - Ah! Dit le renard... Je pleurerai.
- C"est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t"apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer! Dit le petit prince.
· Bien sûr, dit le renard.
· Alors, tu n"y gagnes rien!
· J"y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. Puis il ajouta : - Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d"un secret.
Le petit prince s"en fut revoir les roses.
- Vous n"êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n"êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n"avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n"était qu"un renard semblable à cent mille autres. Mais j"en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient gênées.
- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu"elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c"est elle que j"ai arrosée. Puisque c"est elle que j"ai mise sous globe. Puisque c"est elle que j"ai abritée par le paravent. Puisque c"est elle dont j"ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c"est elle que j"ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c"est ma rose.

Et il revint vers le renard : - Adieu, dit-il...
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu"avec le coeur. L"essentiel est invisible pour les yeux.
- L"essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C"est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C"est le temps que j"ai perdu pour ma rose... Fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l"oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... Répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Traduction

XXI
Entonces apareció el zorro:
— ¡Buenos días! —dijo el zorro.
— ¡Buenos días! —respondió cortésmente el principito que se volvió pero no vio nada.
—Estoy aquí, bajo el manzano —dijo la voz.
— ¿Quién eres tú? —preguntó el principito—. ¡Qué bonito eres!
—Soy un zorro —dijo el zorro.
—Ven a jugar conmigo —le propuso el principito—, ¡Estoy tan triste!
—No puedo jugar contigo —dijo el zorro—, no estoy domesticado.
— ¡Ah, perdón! —dijo el principito.
Pero después de una breve reflexión, añadió:
— ¿Qué significa "domesticar"?
—Tú no eres de aquí —dijo el zorro— ¿Qué buscas?
—Busco a los hombres —le respondió el principito—. ¿Qué significa "domesticar"?
—Los hombres —dijo el zorro— tienen escopetas y cazan. ¡Es muy molesto! Pero también crían gallinas. Es lo único que les interesa. ¿Tú buscas gallinas?
—No —dijo el principito—. Busco amigos. ¿Qué significa "domesticar"? —volvió a preguntar el principito.
—Es una cosa ya olvidada —dijo el zorro—, significa "crear vínculos..."
— ¿Crear vínculos?
—Efectivamente, verás —dijo el zorro—. Tú no eres para mí todavía más que un muchachito igual a otros cien mil muchachitos y no te necesito para nada. Tampoco tú tienes necesidad de mí y no soy para ti más que un zorro entre otros cien mil zorros semejantes. Pero si tú me domesticas, entonces tendremos necesidad el uno del otro. Tú serás para mí único en el mundo, yo seré para ti único en el mundo...
—Comienzo a comprender —dijo el principito—. Hay una flor... Creo que ella me ha
domesticado...
—Es posible —concedió el zorro—, en la Tierra se ven todo tipo de cosas.
— ¡Oh, no es en la Tierra! —exclamó el principito.
El zorro pareció intrigado:
— ¿En otro planeta?
—Sí.
— ¿Hay cazadores en ese planeta?
—No.
— ¡Qué interesante! ¿Y gallinas?

—No.
—Nada es perfecto —suspiró el zorro.
Y después volviendo a su idea:
—Mi vida es muy monótona. Cazo gallinas y los hombres me cazan a mí. Todas las gallinas se parecen y todos los hombres son iguales; por consiguiente me aburro un poco. Si tú me domesticas, mi vida estará llena de sol. Conoceré el rumor de unos pasos diferentes a todos los demás. Los otros pasos me hacen esconder bajo la tierra; los tuyos me llamarán fuera de la madriguera como una música. Y además, ¡Mira! ¿Ves allá abajo los campos de trigo? Yo no como pan y por lo tanto el trigo es para mí algo inútil. Los campos de trigo no me recuerdan nada y eso me pone triste. ¡Pero tú tienes los cabellos
dorados y será algo maravilloso cuando me domestiques! El trigo, que es dorado también, será un recuerdo de ti. Y amaré el ruido del viento en el trigo.
El zorro se calló y miró un buen rato al principito:
—Por favor... Domestícame —le dijo.
—Bien quisiera —le respondió el principito pero no tengo mucho tiempo. He de buscar amigos y conocer muchas cosas.
—Sólo se conocen bien las cosas que se domestican —dijo el zorro—. Los hombres ya no tienen tiempo de conocer nada. Lo compran todo hecho en las tiendas. Y como no hay tiendas donde vendan amigos, los hombres no tienen ya amigos. ¡Si quieres un amigo, domestícame!
— ¿Qué debo hacer? —preguntó el principito.
—Debes tener mucha paciencia —respondió el zorro—. Te sentarás al principio un poco lejos de mí, así, en el suelo; yo te miraré con el rabillo del ojo y tú no me dirás nada. El lenguaje es fuente de malos entendidos. Pero cada día podrás sentarte un poco más cerca...
El principito volvió al día siguiente.
—Hubiera sido mejor —dijo el zorro— que vinieras a la misma hora. Si vienes, por ejemplo, a las cuatro de la tarde; desde las tres yo empezaría a ser dichoso. Cuanto más avance la hora, más feliz me sentiré. A las cuatro me sentiré agitado e inquieto, descubriré así lo que vale la felicidad. Pero si tú vienes
a cualquier hora, nunca sabré cuándo preparar mi corazón... Los ritos son necesarios.
— ¿Qué es un rito? —inquirió el principito.
—Es también algo demasiado olvidado —dijo el zorro—. Es lo que hace que un día no se parezca a otro día y que una hora sea diferente a otra. Entre los cazadores, por ejemplo, hay un rito. Los jueves bailan con las muchachas del pueblo. Los jueves entonces son días maravillosos en los que puedo ir de paseo hasta la viña. Si los cazadores no bailaran en día fijo, todos los días se parecerían y yo
no tendría vacaciones.
De esta manera el principito domesticó al zorro. Y cuando se fue acercando el día de la partida:
— ¡Ah! —dijo el zorro—, lloraré.
—Tuya es la culpa —le dijo el principito—, yo no quería hacerte daño, pero tú has querido que te domestique...
—Ciertamente —dijo el zorro.
— ¡Y vas a llorar! , —dijo él principito.
— ¡Seguro!
—No ganas nada.
—Gano —dijo el zorro— he ganado a causa del color del trigo.
Y luego añadió:

—Vete a ver las rosas; comprenderás que la tuya es única en el mundo. Volverás a decirme adiós y yo te regalaré un secreto.
El principito se fue a ver las rosas a las que dijo:
—No son nada, ni en nada se parecen a mi rosa. Nadie las ha domesticado ni ustedes han domesticado a nadie. Son como el zorro era antes, que en nada se diferenciaba de otros cien mil zorros.
Pero yo le hice mi amigo y ahora es único en el mundo.
Las rosas se sentían molestas oyendo al principito, que continuó diciéndoles:
—Son muy bellas, pero están vacías y nadie daría la vida por ustedes. Cualquiera que las vea podrá creer indudablemente que mí rosa es igual que cualquiera de ustedes. Pero ella se sabe más importante que todas, porque yo la he regado, porque ha sido a ella a la que abrigué con el fanal, porque yo le maté los gusanos (salvo dos o tres que se hicieron mariposas ) y es a ella a la que yo he oído quejarse, alabarse y algunas veces hasta callarse. Porque es mi rosa, en fin.
Y volvió con el zorro.
—Adiós —le dijo.
—Adiós —dijo el zorro—. He aquí mi secreto, que no puede ser más simple: sólo con el corazón se puede ver bien; lo esencial es invisible para los ojos.
—Lo esencial es invisible para los ojos —repitió el principito para acordarse.
—Lo que hace más importante a tu rosa, es el tiempo que tú has perdido con ella.
—Es el tiempo que yo he perdido con ella... —repitió el principito para recordarlo.
—Los hombres han olvidado esta verdad —dijo el zorro—, pero tú no debes olvidarla. Eres responsable para siempre de lo que has domesticado. Tú eres responsable de tu rosa...
—Yo soy responsable de mi rosa... —repitió el principito a fin de recordarlo.

No hay comentarios:

Publicar un comentario